Interview de Frédéric Bui, CEO d'Educentre et passionné de pédagogie numérique

Interview de Frédéric Bui, CEO d'Educentre et passionné de pédagogie numérique

Développeur, maker, entrepreneur, formateur… Le parcours de Frédéric Bui est à l'image de sa curiosité : riche et non linéaire. De la fabrication numérique à la direction d'une startup engagée pour la pédagogie, il raconte son cheminement, ses convictions et ses conseils pour les étudiants d'aujourd'hui. Un témoignage inspirant sur l'importance d'oser, de se chercher, et de toujours apprendre.

Peux-tu te présenter, nous parler de ton parcours académique et de ton évolution professionnelle ?

Je m'appelle Frédéric Bui. Mon parcours n'a pas été linéaire : je me suis longtemps cherché. Initialement, je m'imaginais une carrière artistique, mais face aux réticences familiales, j'ai exploré plusieurs voies avant de trouver celle qui me correspondait. J'ai toujours été attiré par l'art et les ordinateurs, et c'est ainsi que j'ai découvert le monde de la fabrication numérique.

J'ai commencé à travailler dans des Fab Labs, où j'accompagnais des utilisateurs dans la création, la réparation ou la reproduction d'objets grâce à des technologies comme l'impression 3D ou la découpe laser. C'était à une époque où l'on parlait beaucoup d'obsolescence programmée et d'upcycling. Ces lieux m'ont permis de développer un véritable savoir-faire technique et humain.

De retour à Paris, j'ai suivi une formation en développement web. Passionné par le code et l'électronique, j'ai voulu marier ces compétences avec celles acquises en fabrication numérique. J'ai ensuite été freelance, puis chef de projet, ce qui m'a amené à intégrer l'EEMI pour un bachelor en chef de projet digitaux. Après une expérience salariée peu concluante, je suis revenu au freelance, avant de croiser la route d'un ancien formateur à Station F. De fil en aiguille, je suis devenu responsable d'application, puis CEO d'Educentre.

Peux-tu nous présenter Educentre ?

Educentre est une startup engagée pour l'amélioration de la pédagogie sur le territoire. Nous sommes tous d'anciens formateurs et avons constaté de nombreuses lacunes dans les outils et l'accompagnement pédagogiques. Notre mission est donc d'aider les centres de formation, les formateurs et, à travers eux, les apprenants.

Nous avons développé un LMS gratuit, centré sur la pédagogie, utilisé par des milliers de formateurs. Nous créons aussi d'autres outils, comme un agent IA pédagogique nourri aux référentiels RNCP. En complément, nous accompagnons les établissements sur des projets sur mesure : hackathons, animation de communautés, support aux formateurs... L'idée est d'apporter un soutien opérationnel, technique et humain.

Exerces-tu encore le métier de développeur ?

Oui, toujours. Je continue à développer en freelance, par passion et par envie d'aider des porteurs de projet à concrétiser leurs idées. Chez Educentre, je fais encore un peu de dev, mais mon rôle est avant tout centré sur le pilotage : gestion de projet, animation de la communauté, résolution de problématiques variées. Être CEO, c'est jongler avec les imprévus, les enjeux stratégiques et humains au quotidien.

Comment se passent tes journées ?

Il n'y a pas de journée type. Chaque jour amène son lot de challenges. Nous sommes très proches des écoles, des apprenants et des formateurs. Nos actions vont du développement d'outils à l'accompagnement individualisé. On peut aussi organiser des événements, soutenir un formateur débordé, ou repenser des parcours pédagogiques. L'agilité est essentielle.

Pourquoi avoir choisi l'EEMI ?

Ce qui m'a séduit à l'EEMI, c'est la pédagogie par projet. En tant qu'ancien formateur et élève peu scolaire, j'avais besoin d'une approche concrète, axée sur les challenges et les projets. Le format en alternance m'a aussi convaincu. On apprend beaucoup en combinant théorie et pratique.

Quelles sont, selon toi, les qualités indispensables pour exercer ton métier ?

La première, c'est la résilience. Il faut être prêt à voir certains projets ne pas aboutir, des mois de travail remis en question. Ensuite, l'organisation est essentielle pour ne pas se noyer sous les tâches. Il faut aussi de la bienveillance, de l'écoute, des compétences relationnelles fortes, et bien sûr, de la créativité. Ces qualités permettent de rester connecté à sa mission et de travailler en équipe efficacement.

Quels sont vos projets pour l'avenir ?

Chez Educentre, nous voulons avoir un impact réel sur la pédagogie en France. J'aimerais pouvoir me dire que nous avons aidé à transformer l'accompagnement des formateurs et amélioré la formation pour les apprenants. Je continuerai aussi à enseigner : c'est une passion, que je garderai même sans rémunération. Peut-être qu'un jour, je reviendrai à l'art, ma passion première.

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui entre à l'EEMI et suit la même formation ?

D'abord, profiter de chaque instant. Absorber un maximum de choses, poser des questions aux intervenants, s'investir dans les projets. Ensuite, chercher des stages en dehors des sentiers battus : les startups sont géniales pour monter en compétences rapidement. Il faut aussi travailler son personal branding, créer un réseau, participer aux projets annexes, aider des associations. Enfin, comprendre que l'entretien d'embauche, c'est une histoire de "nous", pas de "moi". Et continuer jusqu'au master : dans la tech, ça fait la différence.

Sollicitez Frédéric comme mentor.

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